AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  
BIENVENUE SUR GOOD RESOLUTION,
Venez faire un tour dans le Sujet commun ICI


Partagez | 
 

 ROMANE ▬ it's time to pretend.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
avatar


๑ CREDITS : Mach's
๑ AVATAR : Henri Cavill
๑ MESSAGE : 39
๑ INSCRIPTION : 05/09/2012

MessageSujet: ROMANE ▬ it's time to pretend.   Jeu 6 Sep - 19:57

    Une journée infernale au boulot, et pour moi, infernal, c'est juste plus emmerdant que la télévision communautaire. Il y a autant d'action dans cette boîte que dans les séries pour les vieilles femmes aigries et esseulées. L'action qui me branche, c'est l'adrénaline qui courre dans mes veines quand je décolle un avion, que je le maintiens contre les vents, suit les plans de vol et parvient sans encombre à terminer un vol de routine, que ce soit au-dessus de l'océan, du Canada ou en Europe. Une journée au travail, une vraie, c'est de débarquer à la base, de s'entraîner comme des malades, de faire des conneries avec Sean et les autres, puis d'entendre les ordres du haut commandement, les prochains à partir en mission quoi. Que ce soit de la reconnaissance, de la surveillance, ou bien carrément pour transporter des vives à l'armée de terre, c'était trépidant d'attendre impatiemment que l'on mentionne son nom. Chaque jour, on était comme des gosses à Noël, impatient de faire nos preuves et de piloter ces avions hors de prix qui dormaient paisiblement dans les hangars. Mais ça, c'était avant. Ça, c'était dans une autre vie. Maintenant, je me coltine des rencontres avec des hommes fades et illusionnés par les vertus de l'argent et du pouvoir qu'il procure. Des femmes aux ongles rouge sang qui tente de poser leurs griffes sur ma main, dans un geste déplacé et tout simplement dégueulasse. Selon mon père, ce sont là les risques du métier. Ça me raisonne simplement sur les raisons qui m'ont poussés à me dissocier pendant huit ans de cette vie de merde de porte-parole & représentant du groupe Audet avec les investisseurs et associés...

    « Ça suffit ». Charlène sursaute tandis que mes poings, clos, heurtent la surface du bureau. Ça fait trois heures que j'épluche de foutus dossiers pour trouver des informations sur le prochain grand coup de l'entreprise, mais j'en peux plus. J'étouffe. Faut que je sorte de ce bureau vide et trop grand, ce bureau dénué de vie et d'intérêt. Je marmonne des excuses à la secrétaire, une gentille femme dans la quarantaine, puis lui signifie que j'ai à sortir. Où, elle me demande, par précaution. Je crève d'envie de lui dire n'importe où, sauf ici, mais je me retiens « À la pharmacie. J'ai la migraine ». Migraine de pourrir ici au lieu d'être sur le terrain, de voler avec ce qu'il reste de mon escadron. Pour ça, il me faudrait des séances avec un psy. Je m'y refuse encore. Je ramasse ma veste, laisse en plan tout le reste.

    Je m'en fous, vraiment, totalement. Je recommence à respirer dehors, me sentant déjà vachement mieux. Je passe à la pharmacie, enfin, celle de mon coin de rue. JP, le gosse du kiosque de journaux, me fourgue du THC. La classe, je sais, mais ça me fout en l'air de devoir me faire remplir ça dans une pharmacie officielle. Puis le gosse, je l'aime bien. C'est sur le toit que j'échoue, une coupe de vin entre les doigts, le joint pincé entre les lèvres. À cette heure, les gens sont au boulot ou commencent le 5 à 7. Tant mieux. J'aime bien être seul, du moins tant que le soleil est pas couché. Après, c'est autre chose. Je regarde l'horizon, j'alterne les plaisirs entre taffe et rasade de vin. La félicité. Jusqu'à elle. Jusqu'à ce que son parfum me parvienne jusqu'aux narines, trahissant sa présence silencieuse. Ma mâchoire se contracte tandis que je dépose ma coupe sur une table basse, à proximité. Je ne dirai pas que sa présence me fait un velours, ce serait mentir. Pourtant, je me refuse à penser à quel point j'agis en con en l'évitant. Je sais pas, j'ai pas envie qu'elle me voit comme ça. De l'orgueil mal placé, on change pas le monde hein... « Tu portes ce parfum-là depuis que t'a quoi, seize ans, hein Romy? ». La même odeur de patchouli et d'agrumes. Cette odeur que je recherchais dans sa nuque, dans ses cheveux, au creux de ses poignets fins. La même odeur qui me pince le coeur, avant qu'il redevienne de pierre. Un fin sourire sur les lèvres, je tire une taffe pour terminer mon médicament curateur d'angoisse. J'arque mon visage dans sa direction, ma coupe entre les doigts « La cigarette par-contre... ».
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar


๑ CREDITS : ava: waterfall. sign: tumblr.
๑ AVATAR : amber heard.
๑ MESSAGE : 18
๑ INSCRIPTION : 05/09/2012

๑bonne résolution๑
๑ réussite de résolution:
0/0  (0/0)
๑ mes contacts iphone:
๑ mes résolutions pour cette année:
MessageSujet: Re: ROMANE ▬ it's time to pretend.   Jeu 6 Sep - 20:39


Je traine dans le magasin de disques où je travaille, range des nouveaux cd, retenant des grimaces en rangeant le nouveau Taylor Swift, alors que des gens observent les disques à côté de moi. J’y porte pas vraiment attention, me concentrant sur ce que je fais. Dans moins de cinq minutes, mon shift sera fini, pas que je m’ennuie, mais aujourd’hui, c’est bien trop lent pour ma santé mentale. Ça fait quatre heures que j’suis là, depuis midi en fait et plus ça va, plus ça devient exaspérant. Non, en fait, c’est pas vraiment d’être ici, mais plutôt l’idée que quand je vais mettre un seul pied dans mon appartement, je vais devoir voir Alex en train de rien glander sur mon sofa. Ça fait trois jours que ça dure et j’ai déjà envie de déménager, ou de virer ses fringues par la fenêtre – et récupérer toutes les vêtements qu’elle m’a volé entre temps. Ceci dit, j’en fais rien, je me contente juste d’éviter de lui parler pour pas qu’on finisse par se hurler dessus comme on le fait à chaque fois que notre conversation dure plus de cinq minutes. L’autre chose qui me tape sur le système, c’est le comportement de Rafael, mais ça, ça ne change pas. Eprouvant, c’est tout ce qu’il est. Je cherche à lui parler, parce qu’il me manque et que j’ai besoin de lui, mais j’ai l’impression d’avoir affaire à un foutu mur qui laisse rien passer, qui laisse rien transparaitre sur ce qu’il ressent non plus. Bref, je fais chercher ma veste, et mon sac avant de dire au revoir à Thomas, mon collègue. L’air frais pénètre mes poumons une fois que je pose un pied en dehors du magasin et je marche lentement jusqu’au café du coin de la rue pour retrouver un minimum d’énergie. Cinq heures de l’après-midi et j’ai déjà l’impression d’être fatiguée, mais ça va vite s’en aller une fois que j’entrerai dans mon appartement. Je sors une cigarette de mon sac, puis l’allume finalement à l’aide de mon briquet. Je prends une taffe en fermant les yeux, expirant la fumée pour prendre une gorgée de mon café.

Je rentre dans mon immeuble., prenant la dernière gorgée de mon café en ouvrant la porte de mon appartement, glissant discrètement à l’intérieur. La voie est libre. Je jette mon gobelet de café vide dans la poubelle et pose mon sac dans ma chambre. Je réfléchis une seconde à ce que je pourrais faire, en venant rapidement à ma conclusion : le toit. Je fous mon paquet de Camel dans ma poche, mon téléphone dans l’autre, entendant le bruit de la douche, je ferme pas la porte à clé et vais directement vers l’escalier, arrivant en peu de temps à la porte du toit que j’ouvre doucement. Je remarque quelqu’un assis sur une chaise… je soupire subtilement, essayant de ne pas faire remarquer présence en l’observant de loin. Je mords l’intérieur de ma joue, mon regard fixé sur son dos, l’envie de lui parler se faisant de plus en plus grande, mais je veux pas qu’il s’en aille comme il le fait à chaque fois que je tente de communiquer avec lui. Je remarque son mouvement pour poser sa coupe de vin sur la table, me demande s’il m’a remarqué, ce qui est fort possible le connaissant. « Tu portes ce parfum-là depuis que t'a quoi, seize ans, hein Romy? » Un grand sourire se forme sur mes lèvres, parce que pour une fois, c’est lui qui entame la conversation et même si j’ai envie de lui poser un tas de questions vis-à-vis de son attitude, ça peut attendre quelques secondes quand même. « La cigarette par-contre... ». J’hausse les épaules, levant les yeux en même temps avant d’attraper une chaise, la poser à côté de la sienne et m’installer. Je tourne la tête de son côté pour pouvoir l’observer, parce que ça fait longtemps que j’ai pas pu le voir d’aussi près. Il a l’air fatigué, vraiment fatigué. Je fronce les sourcils pendant une seconde avant de me rassoir normalement et de fixer le ciel. « Ça t’as jamais vraiment dérangé, pas vrai ? » Je souris pendant une minute, avant de reprendre un air sérieux, j’ai tant de choses à lui demander, mais je me retiens, parce que je veux pas le voir fuir encore une fois… C’est bien trop rare que je puisse lui parler. Puis je comprends pas pourquoi il agit comme ça après ce qu’il m’a dit avant de partir sur sa mission… « Je peux te poser une question ? » Mieux vaut être prudente, même s’il sait aussi bien que moi que même s’il me dit non, je lui poserai tout de même la question. Je tourne quand même la tête vers lui, pour pouvoir voir sa réaction, savoir si je l’emmerde plus qu’autre chose, s’il a eu pitié pour finalement me parler ou si je lui manque autant qu’il me manque…
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar


๑ CREDITS : Mach's
๑ AVATAR : Henri Cavill
๑ MESSAGE : 39
๑ INSCRIPTION : 05/09/2012

MessageSujet: Re: ROMANE ▬ it's time to pretend.   Ven 7 Sep - 4:37

    « Mes sincères condoléances ». Pour être sincère, je l'étais, mais j'avais l'air aussi sérieux qu'un clown engagé pour mater un groupe de maternelle. J'étais encore trop secoué pour être capable de maintenir une saine distance entre moi et ce qui était en train de se produire, à l'instant même où je serrais les doigts glacés de la veuve de Sean entre les miens. On allait enterrer mon meilleur ami, le pote qui m'a fait faire le plus de conneries, et ce, même en camp d'entraînement. Le type qui m'a permis de baiser en paix dans un WC dégueulasse quand on était en conférence à Washington pour apprendre de la Air Force américaine avec la jolie stagiaire de la Maison Blanche. Nous deux, ça remontait au lycée, à la fin du moins, et on avait ensuite fait nos classes dans l'armée de l'air canadienne ensemble. On ne s'était même pas lâchés une seule fois, bien qu'on se soit battus à deux ou trois reprises imbibés comme des ivrognes. On finissait par éclater de rire, et on en parlait plus. Il me parlait encore et encore de Charlotte, qu'il aurait voulu que je rencontre tout en me mettant au parfum qu'elle était sienne, expressément sienne, et que même ma gueule de tombeur saurait rien y faire. Puis est venu le sujet de Guillaume, leur fils, et ça n'a plus lâché. Chaque minute, chaque seconde loin de lui était une torture pour ce père maintenu à distance par ses obligations à l'armée, puis enlevé à ses pairs par des ennemis en territoire irakien. J'étais revenu, pas lui. Son corps si, mais pas lui entier. Une partie de moi avait crevé avec lui, après n'avoir eu d'autres choix que de planquer son corps à l'abri pour le laisser là, derrière, afin de rejoindre une escadrille d'armée de terre à quelques kilomètres de notre position. J'allais faire volte-face et fuir le visage éploré de sa veuve qu'elle se hisse dans mes bras, camoufle ses traits dans ma nuque, étouffe ses sanglots dans mon cou. Je la tiens contre moi pendant ce qui m'apparaît être un million d'année avant que sa mère à elle vienne l'arracher à mes bras. Je ne l'aurais plus lâché si on m'en avait laissé la chance. J'avais laissé tombé Sean, et voilà que les pleurs de Charlotte, sa Chuck, reprenait de plus belle. Putain, si j'avais simplement pu crever là-bas à sa place, tout aurait été tellement plus simple...

    Mais non. J'étais ici, bien vivant, légèrement embrumé par le THC de première qualité, l'air frais me fouettant le visage et me faisant frissonner. La vie continuait, Théo fréquentait les mêmes ruskovs dégueulasses, maman était toujours aussi nombriliste et éperdue de son étalon de la début trentaine et papa engrangeait toujours les millions, y trouvant là son plaisir de vivre. Je ne me sentais pas le même, ni avec ma conscience ni pour tout le reste, avec tout le monde. Particulièrement avec Romane. Je ne supportais pas sa présence, me rappelant une époque autre, moins troublée, tellement plus simple. C'était bien de se laisser bercer par son parfum ou la douceur de sa peau, avant, mais j'en ai perdu le goût. Où, quand, pourquoi et comment, je ne le sais pas, je ne le sais plus. Je n'ai pas l'impression d'être à la hauteur de ses attentes et de ce qu'elle mérite, et puis avoir vu le mal que ça faisait de perdre quelqu'un sans rien ne pouvoir y changer, ça me verse une douche froide sur la tête et m'incite à garder mes distances. Le psy dirait sans doute que je suis timbré, je démens pas complètement « Ça t’as jamais vraiment dérangé, pas vrai ? ». Elle a pris place, tout près, trop près. Ma mâchoire se contracte et se détend tandis que j'amène ma coupe à mes lèvres, les trempe et abreuve mon œsophage du liquide grenat particulièrement tannin « C'est pas totalement insupportable, t'a raison ». Un léger sourire à la commissure des lèvres. Un début. C'est distant, impersonnel, tout le contraire de tout ce que Romane inspire et apprécie. Elle aime toucher, sentir et voir, en ça, elle ressemble vachement à Théo. Ça ne m'étonne pas particulièrement qu'elles ne s'entendent pas très bien, ces deux bombes à retardement « Je peux te poser une question ? ». Je secoue la tête, crispe le poing autour de mon verre. J'aurais tellement aimé qu'elle se taise, qu'elle me laisse m'acclimater à cette proximité troublante que je me fais violence pour ne pas refuser et fuir comme je le fais depuis le début de l'année. Parfois, Romy oublie que je suis sauvage, qu'elle avait réussi à dompter le Rafael d'avant, mais que je ne suis plus, enfin, plus totalement ce gars-là. Dommage. Tout était plus simple avant l'Irak et la mort de Sean... « Si ma réponse est facultative » que je marmonne à son intention, sachant pertinemment qu'elle finira sans doute par tâter le terrain de toute façon.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar


๑ CREDITS : ava: waterfall. sign: tumblr.
๑ AVATAR : amber heard.
๑ MESSAGE : 18
๑ INSCRIPTION : 05/09/2012

๑bonne résolution๑
๑ réussite de résolution:
0/0  (0/0)
๑ mes contacts iphone:
๑ mes résolutions pour cette année:
MessageSujet: Re: ROMANE ▬ it's time to pretend.   Ven 7 Sep - 16:24


    Si des gens apprécient le calme et le silence qui dure longtemps, personnellement, c’est pas vraiment mon cas. Encore moins quand des tas de questions me brûlent les lèvres. Des pourquoi, des comment et j’en passe. Rafael m’a jamais simplifié la tâche et ça n’aurait pas été amusant s’il l’avait fait, mais j’ai toujours réussi à le comprendre. Or, en ce moment, j’ai juste l’impression de plus rien savoir de lui ; peut-être que c’est le cas en définitif, j’en sais rien, puisque le seul moyen d’en apprendre plus sur lui serait qu’il me parle. Pas juste deux mots, mais une vraie conversation et j’ai pas l’impression qu’il soit vraiment prêt pour ça. Ça me rend dingue, mais je me contrôle. Le contrôle de soi n’a jamais été mon point fort, mais je fais de mon mieux, de peur qu’il s’éloigne définitivement. Je supporterais mal de le perdre, pour ne pas dire pas du tout. La situation dans laquelle on se trouve me tue, mais au moins, s’il me parle quand il a un joint dans le cerveau, je me dis que j’ai encore une chance de rattraper la chose. Quand je suis avec lui, je me sens bien. Mieux que nul part ailleurs, même quand il m’envoie chier, qu’il veut pas me parler ou qu’il est éperdument chiant. J’ai toujours réussi à le supporter, c’est pas aujourd’hui que ça va changer. Sur ce point, c’est assez simple, la seule personne que je ne supporte absolument pas, c’est Alex. Le reste du monde, j’arrive à faire avec et j’ai bien plus de patience avec Rafael qu’avec n’importe qui d’autre et ça depuis longtemps maintenant. Et même si je voudrais lui poser des milliards de questions à la fois, je sais pas par laquelle commencer, laquelle ne va pas l’énerver trop, laquelle ne va pas le faire partir ou le faire retomber dans son mutisme. Peut-être que je peux compter sur son joint pour le faire parler ou le faire se détendre vraiment. Ou sur son vin. Puisque ma présence en soit ne semble pas vraiment aider à le détendre, au contraire en fait. En fait, même s’il me disait qu’il ne veut plus jamais m’adresser la parole, je sais pertinemment que je ne pourrais pas m’empêcher de lui parler quand même, peu importe la situation…

    « C'est pas totalement insupportable, t'a raison » Le point positif est qu’il n’a pas arrêté de parler, et qu’entendre sa voix m’a largement trop manqué pour que je prête attention au fait qu’il a l’air plutôt dégager par rapport à la conversation. J’arrive pas à savoir s’il en a vraiment plus rien à foutre que je sois dans sa vie ou pas. Il essaie de me montrer que oui à chaque fois que je le croise, mais j’arrive pas à savoir si je dois le croire ou pas. J’arrive tout simplement pas à extirper quelque chose de cohérent par rapport à sa façon de réagir vis-à-vis de moi. « Si ma réponse est facultative » Je suppose que je n’ai pas vraiment le choix sur ce point, mais je me mords la lèvre avant de dire quoi que ce soit, prenant le temps de réfléchir à quelle question je dois lui poser en priorité par rapport à toute seule que je voudrais dire. Je soupire, tournant la tête vers lui, l’observant de haut en bas. Putain, ce que j’aimerais pouvoir juste le prendre dans mes bras, juste une seconde, avoir son odeur sur moi et me sentir rassurée, mais je me retiens. Je me retiens de faire vraiment un tas de trucs en ce moment. Et il se pourrait que ça explose à un moment sous forme d’une tempête. « Pourquoi tu m’évites autant ? Ce serait ma question. Mais vu que t’as pas répondu les cinq premières fois où je t’ai posé cette question, je suppose que tu le feras pas maintenant, alors on va dire que c’est pas important… » Wow, bravo. Je m’impressionne, surtout à la vitesse à laquelle j’ai balancé tout ça. Je sais pas comment lui parler, de peur qu’il parte. « Alors je crois que je vais te demander si ça se passe bien à ton travail dans la société de ton père, même si je me doute de la réponse… » Que je finis par lui demander, me doutant qu’il doit se faire chier comme pas permis. Sa passion, c’est de voler, alors j’imagine bien que se retrouver le cul coincé dans un bureau doit vraiment pas lui plaire, mais je préfère lui poser des questions inutiles pour entendre sa voix, l’entendre parler et pas m’ignorer complètement, plutôt que lui poser des vraies questions auxquelles il répondrait pas et prendrait la fuite. Et j’ai pas envie de le voir partie ; encore une fois. J’aurais aussi pu lui demander s’il se souvenait de ce qu’il m’avait dit avant son départ, mais je veux pas qu’il se retrouve comme un con, sur le cul et trop surpris pour pouvoir répondre en suite. Il partirait à coup sûr pour réfléchir seul…
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar


๑ CREDITS : Mach's
๑ AVATAR : Henri Cavill
๑ MESSAGE : 39
๑ INSCRIPTION : 05/09/2012

MessageSujet: Re: ROMANE ▬ it's time to pretend.   Sam 8 Sep - 2:27

    J'avais du mal à me comprendre, à gérer ces nouveaux côtés de ma personnalité. Je sais pertinemment qu'un truc cloche, mais l'idée d'aller chercher de l'aide m'effraie plus que je ne saurai jamais l'admettre. J'ai toujours eu horreur qu'on tente de me psychanalyser, ma mère ayant une fâcheuse tendance à interpréter chacun de nos faits et gestes, à Théo et à moi. Cela nous mettait dans une rage folle de la voir tenter de nous comprendre avec des yeux de psychologue plutôt que comme une mère aimante et tout ce qu'il y a de plus ordinaire. Mais non. Notre mère est une femme de carrière, plus axée sur son besoin de reconnaissance de tous et chacun que sur son instinct maternel déficient. Pourtant, je me rappelle d'elle, à sept ans, elle était différente, je crois. Quelque chose s'est brisé en elle, ou elle a reçu ce divorce comme une claque en pleine tronche qu'elle a jamais réussi à digérer. Je l'ignore. Théo l'ignore. Pourtant, c'est nous qui écope, elle mène une vie bien remplie, notre mère, allant de gala en gala au bras d'un homme de plus en plus jeune. Je crains le jour où on prendra ce dernier pour son fils, ça me filera définitivement la honte ce jour-là. Il risque d'arriver, vu son dernier type en lice - un auteur-compositeur, je crois, d'environ 31 ans. Ça me rend malade, mais on ne peut rien y faire. De toute façon, elle nous a déjà brisé, elle m'a déjà brisé en me quittant à quinze ans. Heureusement qu'il y avait les forces armées, à ce moment-là, car ça aurait certainement pas fait joli-joli si on m'avait laissé seul avec moi-même...

    J'avale une bonne rasade de vin en fermant doucement les yeux. La brise me balaye le visage, mes tracas avec lui. À moins que ce soit l'effet à retardement de mon joint de tout à l'heure, quoi qu'il en soit, la sensation est la bienvenue. Je ne pense plus à ma mère. Je ne pense plus à ce boulot merdique que je me tape au groupe Audet, un truc qui me convient pas le moins du monde. Je ne pense plus à ces séances d'évaluation psychologique qui ne tarderont pas à m'être exigée par les forces aériennes canadiennes. Je pense à rien, les yeux fermés, je laisse tout ça en plan, savourant simplement le goût boisé du rouge grenat que je déguste lentement, les vapes de shit dans mes poumons et le parfum de Romane, entêtant, qui ne quitte pas mes narines. Une odeur rassurante, une odeur connue et consommée maintes et maintes fois. Combien de temps ais-je bien pu passer à l'écouter parler, elle qui ne sait jamais s'arrêter, profitant de l'occasion pour détailler chaque parcelle de sa peau et inhaler son odeur qui éveille en moi des souvenirs poussiéreux. Elle est mal à l'aise, j'en suis l'unique responsable. Ça ne me plaît pas de la blesser au passage, mais elle me distrait trop facilement pour que je puisse m'adoucir et redevenir celui qu'elle connaissait, celui d'avant, le moi d'avant l'Irak « Pourquoi tu m’évites autant ? Ce serait maquestion. Mais vu que t’as pas répondu les cinq premières fois où je t’ai posé cette question, je suppose que tu le feras pas maintenant, alors on va dire que c’est pas important… ». Je fais claquer ma langue contre ma joue, mon regard se voilant pendant un bref instant. Je ne peux pas lui dire que je l'évite parce que ça me fait mal de lui parler, elle me renverrait en pleine gueule que c'est pire de me tenir à l'écart. Je ne pourrais pas la contredire, évidemment, et ça, je ne peux tout simplement pas. Je sais pas, je sais plus, j'ai juste en tête qu'avec Romane, parfois, c'est compliqué, c'est ambigüe et j'ai pas l'esprit suffisamment clair pour m'investir dans un truc pareil. Pas avec Chuck qui vient de débarquer en guise de cerise sur le sundae « Alors je crois que je vais te demander si ça se passe bien à ton travail dans la société de ton père, même si je me doute de la réponse… ». Je souris. Oscille la tête dans sa direction, croisant son regard pour la toute première fois depuis quelques semaines déjà, facilement. C'est impressionnant toutes les informations qu'elle a accumulée de ces années où l'on était si proches qu'on terminait la phrase de l'autre, et tout juste. Proche au point que le cul, c'était pas aussi intime que tout ce qu'on partageait d'autres « Je suis le faire-valoir du groupe Audet, la boniche qu'on présente pour faire joujou et tout beau, tout frais. Autant dire qu'entre ça et le caniche de madame Louise, y'a pas de différences marquées ». Louise Allaire, la bonne femme du deuxième qui habille son caniche et lui teint le pelage une fois par mois. Je me sens comme ça, souvent, au quotidien. C'est dire à quel point je resplendis de bonheur en tout temps, et puis le pire, même en me tapant un ennui mortel, je me débrouille quand même. Si seulement j'étais incapable de faire des affaires, ça faciliterait la chose... « Chez le disquaire, c'est toujours bien? ». Elle aurait pu faire l'université. Elle aurait certainement envoyé balader les pseudos-génies de l'Université de Montréal sans trop se donner de peine, et pourtant... « Je veux dire, toujours pas de regrets par-rapport à la fac... ». Première dispute réelle. J'ai jamais compris qu'elle refuse les laissez-passer pour la fac pour bosser dans un magasin de disques. Pourquoi remettre ça sur le tapis? Je sais pas, c'est venu tout seul.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar


๑ CREDITS : ava: waterfall. sign: tumblr.
๑ AVATAR : amber heard.
๑ MESSAGE : 18
๑ INSCRIPTION : 05/09/2012

๑bonne résolution๑
๑ réussite de résolution:
0/0  (0/0)
๑ mes contacts iphone:
๑ mes résolutions pour cette année:
MessageSujet: Re: ROMANE ▬ it's time to pretend.   Sam 8 Sep - 14:04


    Je sais très bien que certains choix que je fais ou ai pu faire à certains moments de ma vie paraissent complètement à côté de ce que je pourrais faire. Seulement, on m’a toujours dit de faire ce que mon instinct me dictait quand j’étais jeune, je suppose que mon père ne s’attendait pas vraiment à ça quand il me disait cette phrase. Il aurait voulu que je devienne avocate, juge, chirurgien ou des métiers dans ce style… sauf que pour moi, on décide de pas faire un métier parce qu’il va rapporter ou nous amener de la foutue notoriété. J’ai jamais pensé comme ça, alors c’est pour ça que quand j’ai choisi mon métier, travailler dans un magasin de disques, entouré de musiques et cd, c’était trop un rêve pour que je choisisse l’option fesses posées dans un bureau, écouter des gens me parler d’eux sans cesse ou ouvrir des cages thoraciques ou des cerveaux pour sauver des vies. Alors quand j’ai annoncé que je ne comptais pas aller à l’université, tout le monde m’a traité de cinglée. Mes parents, ma sœur et même Rafael. Sauf que je les ai tous envoyer chier. Je crois bien que dans ce pays on a le droit de choisir ce qu’on veut faire, alors je fais ce que je vais à faire avec plaisir et je suis contente de me réveiller tous les matins. Alex a choisi l’option université, je ne crois pas que ça lui ait très bien réussi d’ailleurs, mais ce n’est pas mon problème. Je comprenais juste pas pourquoi j’aurais dû perdre mon temps à l’université pour écouter des choses qui ne m’auraient pas intéressé. J’en aurais eu les capacités, ouais, mais non merci. Puis au final, ma famille l’a accepté, Rafael plus rapidement qu’eux et c’était très bien comme ça.

    J’ai toujours trouvé que parler à Rafael était quelque chose de simple, on se comprenait tellement facilement à une époque, que parfois, même un regard suffisait ou rien qu’un mot. Ce temps me manque. J’ai pas non plus l’impression que ce soit totalement perdu, de l’avoir complètement perdu LUI. Je sais que même s’il le voulait, il pourrait pas juste me supprimer de son cerveau, parce que ce serait trop simple. Et il n’a jamais opté pour la facilité, quoi qu’en ce moment, en m’ignorant, je crois bien que c’est ce qu’il fait. Je comprends bien par son air quand je finis par lui dire que je lui aurais demandé pourquoi il m’ignore. Je sais qu’il me l’aurait pas dit, ça se voit sur son visage. Alors parler de son travail chez son père, ça, c’est la facilité. Et mon sourire est encore plus large quand il sourit aussi et qu’il tourne la tête vers moi, son regard croisant le mien. Je crois pas qu’il puisse s’imaginer à quel point je me rends compte qu’il me manque là tout de suite… « Je suis le faire-valoir du groupe Audet, la boniche qu'on présente pour faire joujou et tout beau, tout frais. Autant dire qu'entre ça et le caniche de madame Louise, y'a pas de différences marquées » Je peux pas me retenir de lâcher un rire, j’imagine très bien à quel point ça doit le gonfler de bosser là-bas. Surtout face à l’image qu’il vient de m’en faire. Je me doute bien que son père doit bien profiter de sa présence dans son entreprise, peut-être pas autant que ça, mais c’était imaginable. « Chez le disquaire, c'est toujours bien? ». Je souris, il est évident que c’est clairement mieux que son job. Mais le dire comme ça, ça serait moche. « Je veux dire, toujours pas de regrets par-rapport à la fac... » Je me doutais bien que c’était à ça qu’il voulait en venir par sa première question. Je soupire, ce débat ayant déjà entrainé la première vraie dispute qu’on a eue. Faut dire qu’il a jamais compris mon choix de pas aller à l’université, et faut dire qu’à cette époque-là, j’en avais marre de me justifier alors je les avais tous envoyer se faire voir pour faire plus simple et pas perdre mon temps à devoir toujours dire le pourquoi du comment. « Je fais un métier que j’aime, entourée par ma passion. Qu’est-ce que je pourrais demander de mieux dis-moi ? Puis, les gens sont franchement sympas. Me manquerait peut-être une chose pour que je sois complètement heureuse, mais ça n’a rien à avoir avec mon job, alors bon… » Autrement dit, me manque simplement sa présence régulière pour que je puisse être vraiment heureuse, mais je préfère pas le dire comme ça, pas moyen après toutes les fois où il n’a même pas reconnu ma présence. « Donc non, je ne regrette toujours pas de ne pas être allée à la fac. » Que je finis par confirmer, pour être plus claire avec un regard entendu. Je compte pas m’engueuler une nouvelle fois à ce sujet avec lui et de toute façon, maintenant que c’est fait, je vois pas en quoi on pourrait s’engueuler pour ça. « Ça se passe bien avec Théo ? » Sa petite-sœur, en fait, elle et moi, on a du mal à s’entendre parce que nos caractères sont trop proches pour qu’on puisse avoir une longue conversation, on explose trop vite à tous les coups…
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar


๑ CREDITS : Mach's
๑ AVATAR : Henri Cavill
๑ MESSAGE : 39
๑ INSCRIPTION : 05/09/2012

MessageSujet: Re: ROMANE ▬ it's time to pretend.   Lun 10 Sep - 23:15

    Il y a une seule règle que je me suis imposée, hormis une discipline militaire qui témoigne de mes nombreuses années en camp d'entraînement et même au sein de l'armée: ne jamais, au grand jamais, devenir comme mon père. Ma relation avec lui est étrange, nettement plus professionnelle qu'intime pour tout dire, et à mon sens, ça a été ainsi depuis mes huit ans, depuis que je sais parler, écrire et compter. Il avait dans l'idée d'enrôler ce fils bien élevé, cultivé et bien portant pour être l'égérie de sa compagnie, la seule et unique amour de sa vie. Ma mère et toutes les autres sont passées nettement après son groupe d'investisseur, puisque sa pute préférée, c'est l'argent. Il désavouerait mère, père et enfant pour engranger plus, toujours plus d'argent. Il crèverait demain que je donnerais pratiquement tout ce qui me revient aux bonnes œuvres, s'il en est que j'hérite d'un truc. Il pourrait très bien tout avoir foutu en fiducie pour perpétrer sa volonté et faire du profit même post-mortem. Je veux bien croire qu'il y a plus que ça, que la vie a plus à offrir que la nécessité de remplir son porte-feuille. J'ai finalement compris en volant que toute la thune du monde peut pas acheter le sentiment que l'on a en survolant New-York, Paris, en volant au-dessus de la mer ou même au décollage. Ce sentiment, la liberté et le sentiment d'être privilégié, c'est plus fort que tout, ça déchire plus que l'alcool, le sexe et le shit réuni. J'ai toujours voulu tenter de mettre les mots sur le ressenti pour essayer d'expliquer cet amour inconditionnel que je voue aux aéronefs à Théo ou encore à Romane, mais j'y suis jamais arrivé. C'est trop intense, trop vif, trop troublant, trop tout. J'arrive à peine à contenir le gamin en moi quand je mets les mains sur les manettes pour enclencher les multiples procédés et nombreuses machineries à gérer comme pilote. J'ai découvert le plaisir en pilotant, j'ai aussi appris à réfléchir et à songer alors que j'étais en vol. C'est presque si le sentiment de piloter une telle machine m'avait fait renaître, m'avait donné une raison valable d'avoir mis tous ces efforts, tout ce temps, tous ces espoirs dans un truc qui allait devenir le centre de mon univers. Puis maintenant, on me refuse ça, alors autant me couper la tête qu'on en parle plus...

    « [...] me manquerait peut-être une chose pour que je sois complètement heureuse, mais ça n’a rien à avoir avec mon job, alors bon… ». Je dois dire que ce n'était pas particulièrement délicat de ma part de débattre de ce sujet qui a fait coulé tant de paroles et de discordes entre nous. Je sais pas si c'est le fait d'être con ou obtus, quand j'étais gosse, je me voyais la demander en mariage, elle, Romane Morris, une éminente référence en musique, une enseignante géniale, une infirmière en pédiatrie, je sais pas. J'étais borné à croire qu'elle suivrait un cursus universitaire, que je finirais par squatter définitivement son appartement et que ça finirait comme ça, avec un jonc au doigt. Cette projection, c'est malsain, c'est toxique, alors que ça a foutu en l'air l'idée d'un avenir bien tracé, tout comme ce foutu merdier en Irak. J'ai besoin de visualiser pour me sentir bien, j'ai besoin de savoir où je m'en vais pour être à l'aise. L'inconnu me fout une trouille de malade, presque autant que de me retrouver aux prises avec une surprise quelconque. C'est déprimant pour tout dire « Donc non, je ne regrette toujours pas de ne pas être allée à la fac ». Je grommelle sans m'en rendre compte, passant la main dans mes cheveux. Je grogne quand je me fais violence pour retenir des mots, sachant pertinemment que c'est une impasse avec Romane et qu'à défaut de la comprendre, je veux bien faire un effort de simplement accepter ses décisions « Ça se passe bien avec Théo ? ». Le terrain redevient plus neutre, et un fin sourire revient à mes lèvres asséchées par le shit et le vin. Ça a toujours été salvateur d'introduire le sujet de ma cadette dans nos conversations, autant quand ça devenait trop chaud-bouillant que lorsque la discorde était semée « Si tu veux tout savoir, elle est au même point qu'avant à squatter mon lit, mes bras, et à laisser son mascara partout derrière elle, où qu'elle passe ». J'ai beau faire mine qu'elle m'ennuie, ça me fait toujours plaisir de l'accueillir, même profondément assoupi - elle s'est fait un double de clé, la petite futée - puis de l'écouter avec sa rengaine habituelle. Pour une intellectuelle, Théo a l'art d'être conne quand il est question des hommes. Tarée, même « Il semblerait que Morris #2 est dans les environs à ce que l'on raconte, une tornade qui jure, c'est surement Alex qui débarque, non? ».
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar


๑ CREDITS : ava: waterfall. sign: tumblr.
๑ AVATAR : amber heard.
๑ MESSAGE : 18
๑ INSCRIPTION : 05/09/2012

๑bonne résolution๑
๑ réussite de résolution:
0/0  (0/0)
๑ mes contacts iphone:
๑ mes résolutions pour cette année:
MessageSujet: Re: ROMANE ▬ it's time to pretend.   Sam 15 Sep - 16:09


    J’ai jamais cherché à me compliquer la vie, préférant de loin la simplicité à la complication que pouvait amener un job comme celui de mon père. Alors certes, il est riche et ça doit être franchement génial de pouvoir faire ce qu’on veut, tout le temps, juste parce qu’on sent qu’on a envie de le faire. Pouvoir partir aux Seychelles juste parce que ça nous traverse la tête – honnêtement, je pourrais certainement vivre comme ça, suffirait que je demande de l’argent à mon père pour pouvoir aller où je voudrais, pour le plaisir, mais je comprends pas en quoi ça peut apporter une satisfaction. En réalité, la chose la plus simple qui était dans ma vie, c’était Rafael. Je me disais que ça pourrait jamais se compliquer, parce qu’on était meilleurs amis avant tout le reste, que je savais tout sur lui et inversement. Que de toute façon, même si des éléments extérieurs pouvaient intervenir, on ne changerait pas. Certes, c’est peut-être niaiseux, mais c’est la manière la plus simple de décrire ce qu’on avait. Sauf qu’aujourd’hui, je comprends que c’était pas tant acquis que je le pensais. Certainement qu’il a des bonnes raisons de vouloir s’éloigner de moi, mais tant que je les connais pas, je peux pas savoir si c’est du foutage de gueule pur ou si c’est mérité. Alors je me dis que ça doit être la deuxième option et que je dois être patiente, même si je sais que c’est pas ma première qualité. Alors si avant je considérais que Rafael était ma base, maintenant, je préfère me dire que c’est ma vie en général. Mon boulot foutrement agréable, mon appart trop grand pour moi, mais qui contient tout ce dont j’ai besoin et les autres détails. Rafael a toujours sa place, mais il est juste absent pour le moment. Et pendant son absence, y a ma sœur qui est revenue, qui vit dans mon appartement parce que je paie pas le loyer moi-même et qui me fait chier à me parler de sa sublime vie aux USA, sans comprendre que je m’en tape de ce qu’elle me raconte. Que peu importe ce qu’elle peut me raconter sur son université, sur ses relations avec des connards, ça changera pas le fait que j’arrive pas à la supporter, que sa présence m’oppresse et qu’elle m’emmerde au plus haut point. Pour ça, j’ai envie de tuer mon père et de lui faire bouffer son fric. Ceci dit j’ai pas le choix, alors encore une fois, je me dis que je dois être patiente. Sauf que je commence à en avoir ma claque d’être patiente envers tout le monde.

    « Si tu veux tout savoir, elle est au même point qu'avant à squatter mon lit, mes bras, et à laisser son mascara partout derrière elle, où qu'elle passe » Je souris à sa réponse, amusée. Théo est la simplicité quand je suis sur une pente glissante avec Rafael dans une conversation. Elle arrive à calmer le jeu, sans même être dans la pièce, mais simplement en insérant son nom. Même si j’m’entends pas forcément bien avec elle, je peux pas nier qu’elle est attachante. Je sais très bien que Rafael adore sa sœur et j’ai toujours été admirative de leur relation. Me demandant comment ils pouvaient faire pour s’entendre aussi bien, puis la réponse me venait en tête : Théo n’est pas Alex. Théo est largement plus agréable qu’Alex, même si autant explosive que moi quand il faut l’être. « Il semblerait que Morris #2 est dans les environs à ce que l'on raconte, une tornade qui jure, c'est surement Alex qui débarque, non? » Je rigole, parce que ouais, si ma sœur et moi avons quelque chose en commun : ça doit être notre politesse. Ne jamais dire de jurons dans une phrase, même dans une soirée où tous les coincées riches de la ville se réunissent. Toujours trouver le moyen de caler un putain ou un merde dans une phrase et se mordre la lèvre juste après et faire un grand sourire gêné avant de partir un peu plus loin, parce que la bouche en cul de poule des vieilles mégères est trop difficile à observer sans éclater de rire. Non plus sérieusement, on a ça en commun et ce n’est pas forcément quelque chose de bien, mais tant pis. Après tout, suffit de se plaindre à notre mère qui est à peu près pareille, mais qui sait se tenir en soirée, pas comme Alex et moi. « Eh oui, la naine est de retour. Elle m’a pas expliqué pourquoi, mais je suppose qu’elle a trouvé un moyen pour se faire virer de son université… Quoi qu’il en soit, je suis obligée de la supporter dans mon appartement avec une envie de meurtre à chaque fois que je la croise avec mes fringues ou encore mieux : entrain de respirer mon air. » Je soupire, Rafael est au courant de la relation tendue que j’entretiens avec Morris Junior et si parfois, il trouve ça drôle, mais ça m’amuse pas. Surtout quand elle est chez moi sans vouloir m’expliquer pourquoi. Alors certes, je risquerais de lui hurler dessus qu’elle est conne et qu’elle sert à rien, mais quand même. Je sais faire la part des choses… en général.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar


๑ CREDITS : Mach's
๑ AVATAR : Henri Cavill
๑ MESSAGE : 39
๑ INSCRIPTION : 05/09/2012

MessageSujet: Re: ROMANE ▬ it's time to pretend.   Jeu 20 Sep - 2:35

    La brise, la coupe de vin qui s'achevait, elle. La soirée commençait bien, enfin, comparativement à la journée de merde que je venais de passer, c'était pas trop mal pour le moment. Évidemment, ce qui pouvait tout faire foirer, c'était Romane. J'ignore pourquoi, quand, comment ça s'est brisé, en dedans, pour me rendre aussi distant et froid avec elle - je suis pas complètement con, je n'ai pas de souvenir d'un truc suffisamment grave qui soit arriver qui explique cette gêne qui a apparu là où il n'y en avait jamais eu auparavant - mais ça rend les choses nettement plus compliqués qu'avant. Avant, je savais comment la faire sourire ou lui changer les idées, je savais aussi la faire éclater de rire au point qu'elle implore ma pitié, autant que je savais la rendre folle rien qu'avec les doigts quand elle s'égarait ou cherchait des emmerdes. Aujourd'hui, j'ignore comment m'y prendre avec elle, et je crois que ça a rapport au fait que je ne sais plus comment agir face à moi-même. Elle, c'est une partie de moi, non? Romane a toujours été là, comme ma soeur, ce fut les seules d'ailleurs... elles, puis lui. Mon meilleur ami, mon frère né d'une autre mère, celui qui était mort et qui ne reviendrait jamais. Tout aurait été plus simple, tout aurait été différent si j'avais pu le sauver, le protéger, agir comme il le fallait, comme je l'aurais du, j'avais sa vie entre mes mains et je l'ai perdu. Perdu à jamais. Perdu à un monde qui n'est pas le mien. Inconsciemment, j'ai serré le poing, ma mâchoire a durcie mes traits et je me sens décidément moins détendu, malgré le fait que l'herbe n'eut pas encore complètement dissipée totalement ses effets bénéfiques sur mes nerfs. Ça annonce rien de bien, même si c'était relativement bien parti, suffisait que je me mette à réfléchir pour tout faire foirer... encore.

    Je l'écoute parler, et je n'aurais fait que ça. Sa voix a un effet dissipant mes angoisses, mes emmerdes et mes tracas. J'ignore comment elle fait, mais j'adore qu'elle le fasse. Ça a toujours été comme ça, Romane, c'est une pie, capable de vomir deux mille mots en cinq minutes ou presque. Elle racontait son existence entière, y mettant tout son coeur et son énergie, que ce soit pour chialer contre cette harpie de professeur de mathématique au lycée ou encore pour fantasmer sur cet enfoiré de footballeur de ma fac. Depuis que je la connais, se la fermer, c'est pas son fort. J'ai découvert à neuf ans la manière de la faire taire, et c'était à la seule condition de sceller ses lèvres des miennes pour lui faire perdre pied dans son monde à part qu'elle intégrait quand elle babillait. Ça m'a toujours évité de devoir trop parler, je m'en plains pas, puis je me suis si souvent endormi au son de sa voix, réveillé par un coup de coude, que c'est viscéral: elle m'apaise. Sa voix, sa présence, elle, point barre. Dommage que je ne puisse pas le lui signifier mieux qu'en me montrant miraculeusement courtois pour une fois, on peut remercier alcool et shit pour ce soudain élan de bienséance « Quoi qu’il en soit, je suis obligée de la supporter dans mon appartement avec une envie de meurtre à chaque fois que je la croise avec mes fringues ou encore mieux : entrain de respirer mon air ». Elle est marrante dans son genre, Romane. J'ignore si elle a conscience qu'elle a un sacré caractère et que c'est probablement ça qui cause les emmerdements avec Alex. Pour ce soir, c'est pas moi qui vais le lui rappeler, puis tant qu'à y être, je vais passer outre. Je vais terminer mon verre, et tenter tant bien que mal d'aller dormir. Ça ne me ferait pas de mal, j'ai le visage brisé par le manque de sommeil chronique, ce que s'est fait un plaisir de me rappeler mon père d'ailleurs « Je suis à court de vin et si je descends en chercher, pas sûr que je retrouve le courage de remonter... ». Je mords l'intérieur de ma joue, comme pour peser le pour et le contre avant de lancer l'invitation. Ça me prend un dixième de seconde où je suis la réflexion même « Si tu veux descendre et finir la bouteille avec moi, tu es la bienvenue ».
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar


๑ CREDITS : ava: waterfall. sign: tumblr.
๑ AVATAR : amber heard.
๑ MESSAGE : 18
๑ INSCRIPTION : 05/09/2012

๑bonne résolution๑
๑ réussite de résolution:
0/0  (0/0)
๑ mes contacts iphone:
๑ mes résolutions pour cette année:
MessageSujet: Re: ROMANE ▬ it's time to pretend.   Dim 23 Sep - 19:37


    Je suppose que les choses peuvent toujours changer après un imprévu. Un évènement choquant qui leur donne une vision différente sur ce qui les entoure. En fait, c’est surement une réaction normale, mais j’ai tendance à me dire que peut-être à un certain moment… la personne peut redevenir comme avant. Ou juste assez pour avoir des réactions pas totalement anormales à toutes les conversations. Quand conversation il y a. Or, je sais pas trop ce que je dois penser en ce moment de Rafael. Je sais pas exactement si c’est de ma faute, de la sienne, ou de quelque chose d’autre s’il évite de me parler. En tout cas, aujourd’hui, il a décidé que me parler n’était pas si terrible que ça et même si je tente de contrôler mes réactions pour ne pas le faire fuir une fois de plus, je suis pratiquement certaine que du soulagement et de la joie sont visibles sur mon visage. Depuis le temps que j’attends ça. Parce que même si ça ne fait que quelques longues semaines, j’ai l’impression que ça fait beaucoup plus longtemps que ça. Même si je ne crois pas que le sentiment soit réciproque. J’imagine simplement qu’il s’est dit qu’il pourrait faire exception de cette fois-ci et me parler normalement et peut-être que c’est un progrès. En tout cas, un plus gros progrès que ce que je crois. Parce que je crois pas que si je viens le voir demain pour lui parler de nouveau, il me laissera faire. En fait, je pense qu’il me dira qu’il m’a juste parlé parce que son joint lui a fait oublier le pourquoi du comment il m’en voulait. En tout cas, c’est comme ça que je vois les choses, même si j’espère que ça ne se passera pas ainsi. Parce que ouais, je préfère quand on est proches. Quoi qu’on ne l’est pas vraiment, là, ce sont juste deux personnes qui se parlent. Avant, c’était beaucoup plus normal. Là, c’est comme si on ne se connaissait plus aussi bien qu’avant et peut-être que dans le fond, c’est le cas. En fait, j’en sais trop rien, mais je sais juste que profiter du moment est la meilleure chose à faire, même s’il me manque le fait que je puisse être plus tactile avec lui, je vais faire avec.

    Je prends une grande inspiration, expirant doucement en levant la tête vers le ciel, un sourire sur les lèvres. En définitif, le silence avec lui me dérange pas plus que ça, là tout de suite. Tant que je sais qu’il est à côté de moi. Qu’il n’est pas encore parti, je me sens bien. Mes mains s’enfoncent dans mes poches, celle sur ma droite frôlant mon paquet de cigarettes. Je souris à la perspective de m’en rouler une, mais je me retiens d’en sortir une, parce que j’ai pas envie qu’il se casse. C’est con, peut-être que je suis parano, qu’il se casserait pas pour si peu, mais on sait jamais. Je préfère me retenir, plutôt que le voir partir en vitesse encore une fois. « Je suis à court de vin et si je descends en chercher, pas sûr que je retrouve le courage de remonter... » Oh. Peut-être que je vais devoir me la faire finalement. Je baisse la tête, m’attendant pas à ce qu’il ajoute quelque chose. « Si tu veux descendre et finir la bouteille avec moi, tu es la bienvenue » Merde. Il se fout de ma gueule ? Non, parce que si c’est le cas, je suis capable de le frapper pour me faire croire des conneries du genre. Je tourne la tête vers lui, la bouche en O, comme s’il venait de dire le truc le plus surprenant de la Terre ; en fait, ça l’est à mes yeux à ce moment précis. Je manque de m’étouffer en avalant de travers ma propre salive et tousse comme une débile avant de me reprendre. Putain, effet de surprise à la con. Je tourne la tête vers lui, cherchant à dénicher la moindre chose qui m’annoncerait qu’il se fout complètement de moi, mais il est sérieux. Wow. « Ouais. Je veux bien. Tu sais bien que je peux pas refuser une offre qui parle de finir une bouteille. » Que je lui réponds, un fin sourire sur les lèvres. J’ai l’impression d’avoir quinze ans et qu’on vient de me demander de sortir pour la première fois. Faut sérieusement que je me reprenne là. Rafael se lève, attrapant ses affaires en même temps et je le suis, un extérieur assez neutre, même si mon sourire en dit long et en train de sauter intérieurement de joie, parce qu’il m’a adressé la parole et m’a proposé de venir chez lui dans la même journée. Son joint devait vraiment être chargé, je vois que ça.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé



MessageSujet: Re: ROMANE ▬ it's time to pretend.   

Revenir en haut Aller en bas
 

ROMANE ▬ it's time to pretend.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» Seize the Time!An essay by Cynthia McKinneySeptember 19, 2008
» Session time out...
» Damon Moon - "It's time to forget about the past"
» 08. Remember that time is money - Benjamin Franklin
» All Time Low

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
GOOD RESOLUTION ๑ And Karma is a BITCH. :: IMMEUBLE C ▬ BISON VOLANT :: LE TOIT-